Là où les Tunisiens ont perdu un match, certaines marques ont gagné une leçon

Plus qu’on’observe la communication autour de l’équipe nationale, plus qu’on rends compte d’un phénomène typiquement tunisien : ce moment où l’espoir dépasse la lucidité, où le storytelling des marques devance la réalité sportive, comme si l’envie de croire réussissait à effacer la possibilité du pire.

Pourtant, au fond de nous, nous savions tous ce qui pouvait arriver. Et malgré cette lucidité collective, beaucoup de marques ont choisi une narration orientée vers la victoire, s’exposant ainsi au choc émotionnel de l’élimination.

Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la défaite en elle-même. C’est ce que cette défaite révèle dans la relation entre les marques et leur public. Quand une marque s’engage dans une conversation émotionnelle sans anticiper la réaction possible, elle crée une expectation narrative qu’elle n’est pas capable de gérer. Une promesse implicite, presque involontaire, mais dont elle assumera les conséquences.

Le soir de l’élimination, tout change. L’humeur change. Le public change. La plateforme sociale se transforme. On n’est plus dans l’enthousiasme, mais dans la frustration collective. Et à ce moment précis, les marques se retrouvent face à une réalité qu’elles n’ont pas préparée : comment parler maintenant, alors qu’on vient de parler trop tôt ?

C’est là que la stratégie devient émotionnelle avant d’être créative. Une marque ne peut pas se contenter d’effacer un post ou de reformuler un message. Elle doit s’adapter à l’atmosphère dominante, intégrer l’état émotionnel du public et accepter qu’un silence réfléchi est parfois plus professionnel qu’un message pressé.

La prochaine CAN doit être pensée autrement. Pas comme un moment d’euphorie potentielle, mais comme une séquence émotionnelle incertaine. Ce n’est pas la victoire qu’il faut préparer, mais l’éventualité de chaque scénario, avec une communication structurée pour naviguer entre l’enthousiasme, le doute, la déception et la fierté.

Autrement dit : moins de slogans, plus de psychologie. Moins de pari, plus d’écoute. Moins de “on va gagner”, plus de connexion humaine.

Parce que la communication ne peut plus être seulement événementielle. Elle doit devenir émotionnellement intelligente. Et c’est peut-être là que les marques tunisiennes trouveront leur véritable victoire.